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Bougival hier

Les endroits habités depuis les temps les plus reculés sont toujours des sites privilégiés, confluents de rivières et carrefours de routes :
Bougival n’échappe pas à cette règle.

D’où vient son nom ?

Un modeste ru, la Drionne, creusa jadis une vallée entre les collines de Saint-Michel et de la Celle avant de se jeter dans la Seine. Ce ru est aujourd’hui enfoui sous l’avenue qui porte son nom et qui va de la Celle Saint-Cloud au pont de Bougival. Mais c’est pourtant bien la vallée où il coulait qui est en partie à l’origine de « Beudeschisilo Valle », devenue Bougival. Cette dénomination est dérivée d’un nom composé à l’époque franque à partir d’un patronyme : « Baldo Gisilo », ou « le courageux Gisilo », qui dut régner autrefois sur cette vallée.
Ainsi est désigné le lieu où fut signé, le 25 avril 697, le plus vieil acte qui mentionne notre ville. Mais d’autres théories sont à l’origine du nom de Bougival, qui viendrait du terme celte « bog », qui signifiait la cavité. Le lieu aurait pris alors le nom de Vallée des Bogs, décliné ensuite en Bogeval, Bogival, Bogevaux, Bougivallis.

Les premières traces de peuplement

Les premières traces de peuplement auraient été trouvées dans le quartier de la Chaussée, autrefois appelé Charlevanne : une pêcherie, que la tradition attribue à Charles Martel, « la Vanne de Charles » étant à son origine. De la Chaussée de Charlevanne, deux voies principales gagnaient l’intérieur du pays : le chemin de Hariel, qui menait à Louveciennes, et la rue du Chef De Ville, qui se dirigeait vers Versailles. Bougival faisait alors partie du domaine royal. Les rois de France, puis les grandes abbayes, étendirent leurs possessions sur les bords de la Seine, formant de vastes domaines. Moulins et pêcheries, cultures et vignes fournissaient alors d’appréciables revenus aux abbés et aux seigneurs.

Au début du 13e siècle

Au début du 13e siècle, une bulle appartenant à l’abbaye Saint-Florent de Saumur fait mention de l’église Sainte-Marie. Celle-ci comprend alors le chœur, flanqué de deux chapelles qui en formaient le transept et le superbe clocher à deux étages, couronné par une flèche octogonale en pierre. Au 13e siècle, la nef est surélevée et élargie et s’accompagne de deux bas-côtés. La paroisse de Notre-Dame naît alors, regroupant la Chaussée et le Hameau Saint-Michel. De façon quasi contemporaine s’édifie la maladrerie Sainte-Madeleine de Charlevanne, une des plus grandes de la région.
A cette époque, les coteaux dominant le vallon étaient couverts de vignes et le vin avait une certaine renommée. Les carriers, eux, creusaient les flancs des coteaux afin d’en extraire craie, pierre et chaux : c’était la principale activité du village. Le trafic sur l’eau était très intense, mais difficile sur un lit de rivière encombré de différents types de pêcheries, de moulins, de bateaux chargés de bois, de vin, de blé, qui remontaient et descendaient la Seine. Bougival n’échappa pas aux guerres et aux fléaux qui ravagèrent le pays. Charlevanne fut dévastée par les Normands en 846, puis détruite par les armées d’Edouard III d’Angleterre en 1346. La peste ravagea aussi notre ville en 1636 et 1637.

Au 17e siècle : la Machine de Marly

Au 17e siècle, Bougival vécut un événement bouleversant, la construction de la Machine de Marly. Louis XIV avait en effet émis le désir de faire remonter l’eau de la Seine pour alimenter les bassins, fontaines, canaux des parcs et jardins des châteaux de Marly et de Versailles. Colbert fit appel à Arnold de Ville, fils d’un maître de forges du pays de Liège, qui releva le défi. Mais, en réalité, il s’appropria l’invention d’un charpentier de sa connaissance, Rennequin Sualem, qui, ne sachant ni lire ni écrire, ne pouvait tracer les plans de la Machine. Il conçut cependant le moyen de faire franchir à l’eau de la Seine une dénivellation de plus de 100 mètres. Il mourut à Bougival en 1708, déçu de n’avoir pas été reconnu selon ses mérites. Sa pierre tombale, est apposée sur un mur intérieur de l’église.
Elle rappelle qu’il était le seul inventeur de ce qui fut qualifié en son temps de « huitième merveille du monde ».

La machine était gigantesque : elle barrait la moitié de la Seine avec 14 roues à aubes de 12 mètres de diamètre, qui communiquaient leurs mouvements, par un jeu de manivelles, à un énorme système de pompes réparties sur trois niveaux, qui amenaient l’eau, par l’aqueduc de Louveciennes, jusqu’à Versailles. Au commande de cette machine : Joachim Cochu . Cet extraordinaire dispositif fut, pour ses contemporains, à la fois un objet d’étonnement et d’effroi. Louis XIV aimait à le faire visiter à ses hôtes de marque, mais les riverains n’appréciaient guère le bruit incessant des bielles, non plus que l’offense faite au paysage. Par ailleurs, la machine et la navigation se gênaient l’une l’autre. Le bras de Seine de Bougival prit le nom de « bras-mort », et la circulation fluviale emprunta celui de Chatou-Croissy, la « rivière-neuve ». Autour de la Machine se créa un hameau de charpentiers, forgerons, ouvriers, prêts à surveiller et à réparer l’ouvrage. Tout un petit monde de pêcheurs et d’aubergistes gravitait autour de ce hameau nouveau. Pendant plus de cent ans, l’ensemble fonctionna tant bien que mal.
Il fut remplacé en 1807 par une machine à vapeur, puis, en 1839, par un nouveau modèle de machine hydraulique. La mise en service d’un barrage et d’écluses permit de rétablir la navigation dans le bras de Bougival, et la Machine de Marly ne fut définitivement détruite qu’en 1968. Outre le bâtiment et les maisons d’ouvriers du 17e siècle, il ne reste que le bâtiment néo-classique dit « de Charles X » et le charmant édifice de briques Napoléon III qui se trouve au milieu du fleuve.

Au 19e siècle

L’invention du chemin de fer va donner alors à Bougival, et aux villes environnantes, un nouvel essor. La première ligne, inaugurée en 1837, reliait la gare de Paris-Saint-Lazare à Saint-Germain-en-Laye. Les omnibus à chevaux, puis les tramways amenaient, depuis Rueil-Malmaison, de pleines voitures de Parisiens qui avaient pris l’habitude de venir passer le dimanche au bord de la Seine. Des guinguettes s’ouvrirent pour les accueillir, et les loueurs de barques se transformèrent en canotiers.

Fêtes nautiques, régates et bals se succédaient durant la belle saison. Dans le sillage de cette nouvelle mode populaire, des peintres vinrent saisir, sur le vif, scènes et paysages. Ils n’étaient pas les premiers artistes à venir à Bougival. Avant eux, de nombreux maîtres, parmi lesquels Corot, avaient été séduits par nos berges de Seine. Turner y avait peint, en 1831, son célèbre tableau « Le débarcadère de l’île de Croissy à Bougival » et l’on parlait, dès le milieu du 19e siècle, d’une école de peinture de Bougival. Ces jeunes artistes traduisaient sur la toile la clarté du ciel, les reflets de l’eau, et les douces nuances des coteaux et des prairies :
l’Impressionnisme venait de naître. « Bords de Seine à Bougival » d’Alfred Sisley, « Jardin à Bougival » de Berthe Morisot, « Le Pont de Bougival » de Claude Monet, « La Danse à Bougival » d’Auguste Renoir figurent parmi les œuvres les plus célèbres de ces artistes, qui feront connaître le nom de notre ville dans le monde entier. Mais ils n’étaient pas seuls à fréquenter Bougival. L’écrivain Tourgueniev et la cantatrice Pauline Viardot recevaient aux Fresnes écrivains et musiciens célèbres, parmi lesquels Emile Augier, Prosper Mérimée, les frères Goncourt, Fauré, Saint-Saëns, Gounod … Gustave Flaubert avait sa chambre à la « datcha » qu’avait fait construire Tourgueniev dans le parc de la propriété. Alphonse Daudet et Guy de Maupassant séjournèrent aussi à Bougival et Alexandre Dumas fils y rencontra Marie Duplessis, qu’il immortalisa sous le nom de Marguerite Gautier dans  « La Dame aux Camélias ». Georges Bizet composa « Carmen » dans sa maison au bord de la Seine, où il devait mourir peu après.

La guerre de 1870 fut une courte mais pénible épreuve pour Bougival, occupée par les troupes prussiennes. Quelques héros s’y illustrèrent, dont le plus fameux, le jardinier François Debergue, qui fut fusillé par les Prussiens pour avoir coupé par trois fois les lignes télégraphiques ennemies. Deux autres patriotes, Cardon et Martin, furent exécutés quelques jours après lui.

La Belle époque

Après cette époque de deuil, Bougival profita pleinement de la « Belle Epoque ». Sa population passa d’un peu moins de 1000 habitants au début du 19e siècle à près de 3000 à l’aube de la « Grande Guerre ». Les guinguettes furent remplacées par les auberges, les hôtels et les restaurants qui s’étaient ouverts sur les rives de la Seine pour recevoir Parisiens, artistes et habitants des villes voisines venus en omnibus à rail. Et ce fut à nouveau le tourbillon des joutes nautiques, des bals et des feux d’artifice, etc.

Au début du 19e siècle, la très grande majorité des 1000 habitants travaillait la terre. On comptait 51 vignerons, qui cultivaient 100 hectares de vigne. Les pépinières, plantées sous le règne de Louis XIV pour aménager le parc de Versailles, étaient nombreuses. Des familles de pépiniéristes cultivaient, sur les coteaux, arbres fruitiers et forestiers. Le blé occupait le reste des terres arables. La vie des paysans était rude. Les champs étaient labourés à la houe et on ne sortait guère que pour se rendre aux marchés et aux foires.
Cependant, les fêtes villageoises venaient rythmer et égayer la vie des cultivateurs. A Bougival, on célébrait la fête de la Chaussée en souvenir de l’ancienne léproserie, la Saint-Jean que nous commémorons toujours, la fête des blanchisseurs le jour du Mardi-Gras, et surtout la Saint-Avertin. Considéré comme le second patron de Notre-Dame de Bougival, où il aurait accompli des miracles au 12e siècle. Il était réputé pour soigner la folie et guérir les maux de tête. Tous les petits métiers y étaient pratiqués : bourreliers, couteliers, tisserands, forgerons, charrons, maréchaux-ferrants, tonneliers, etc. Les blanchisseries formaient une importante corporation qui perdura jusqu’à un passé très récent. Quelques pêcheries subsistèrent longtemps au bord de la Seine. Bougival eut également très tôt une activité industrielle, avec ses carrières exploitées dès le 17e siècle. On en extrayait encore la craie au milieu du 19e siècle. A cette époque, les fours à chaux de Bougival étaient devenus la principale activité de la ville et faisaient vivre plus de 200 ouvriers.

Après la guerre

Après la « Grande Guerre », tout changea, à Bougival comme ailleurs. Notre ville se trouva naturellement entraînée dans l’extension citadine de l’ouest parisien. Les maisons des paysans disparurent, et l’on construisit des villas dans les vergers et les champs. Le pont de Bougival, édifié en 1858, immortalisé par Claude Monet, fut remplacé en 1969 par un ouvrage moderne, en liaison avec les nouvelles voies tracées entre La Celle Saint-Cloud et Croissy.

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