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Qui est François Debergue ?

Les Bougivalais connaissent François Debergue par le nom de la rue qui descend de la gare de Bougival. Une statue à son effigie se trouve avenue de La Celle Saint-Cloud.

Résistant avant l’heure, ce patriote n’a pas hésité à risquer sa vie pour couper les lignes de communication ennemies pendant la guerre de 1870.

Voici le récit de son arrestation et de son exécution.

Récit extrait Les Prussiens à Bougival, 1870-1871 : notes d'un pillé, par Paul Avenel

"Je rencontrai un de mes voisins, nature honnête et intelligente, qui avait assisté dans Bougival à tout le drame prussien.

— Vous savez que François Debergue a été fusillé, me dit-il.

- Fusillé ?

- Oui. Quelques jours seulement après l'occupation.

Voici ce que j'ai retenu du récit que me fit alors ce brave Bougivalais : Le 46e régiment prussien entra à Bougival le 19 septembre 1870. Le colonel, un grand brun, vint à cheval sur la place où donne la rue des Hautes Eaux, et demanda à parler aux autorités. Il lui fut répondu que les autorités étaient absentes.

(…) Les Prussiens avaient établi un télégraphe électrique de Bougival à Versailles. A peine installé, le fil de fer en fut coupé par une main inconnue. Il fut rétabli. Il fut recoupé. Une surveillance fut alors organisée, et François Debergue fut arrêté comme auteur de cet acte. Il coupait le fil avec son sécateur.

 Il comparut devant une commission militaire.

- C'est vous qui avez coupé le télégraphe, lui demanda le major prussien.

- Oui, c'est moi, répondit-il.

- Pourquoi avez-vous fait cela ?

- Parce que vous êtes mon ennemi.

- Le ferez-vous encore ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Parce que je suis Français.

Quelques personnes essayèrent de sauver ce vieux patriote de la justice prussienne et offrirent une rançon de dix mille francs.

- Ne donnez rien pour moi, dit François Debergue, en apprenant cela. Demain, je recommencerais, et il répéta : je suis Français.

Le 26 septembre, à 4 heures du soir, un peloton de vingt-quatre soldats prussiens montait la principale rue de Bougival ; François Debergue, condamné à mort, était au milieu d'eux. Ce vieillard de soixante ans, sous ses habits de travail et les mains liées derrière le dos, marchait résolument. Le funèbre cortège, suivi de quelques habitants, prit la rue de la Celle et en gravit lentement la pente rapide.

L'officier qui commandait le peloton était ému, et de temps à autre on entendait, dans son accent allemand, ce mot sortir de sa bouche : Patriotisme ! Patî-iotisme !

François Debergue fut conduit sur la route de Versailles jusqu'au chemin des Bourbiers. Là, on tourna à gauche et l'escorte s'arrêta dans le champ de M. Laine. Le prisonnier fut attaché avec une corde au tronc d'un pommier. L'officier demanda un mouchoir pour lui bander les yeux.

— J'en ai un dans ma poche, dit François Debergue, prenez-le.

Ce qui fut dit, fut fait. Un soldat allemand lui banda les yeux.

Avant de mourir, le brave paysan ne demanda qu'une grâce : celle d'être enterré à côté de son frère.

Aussitôt, sur un signe de l'officier, le peloton fit feu.

François Debergue tomba la poitrine traversée de dix-huit balles, tirées à quatre mètres de distance.

Bougival comptait sa première victime.

Le 26 septembre 2020, à l'occasion du150ème anniversaire de sa mort, l'association du Souvenir Français a rendu hommage à ce résistant lors d'un cérémonie solenelle et émouvante.

Après la lecture du récit de son arrestation et de son exécution sommaire, Luc Watelle et Jean-Paul Guillaume, Président de la section locale du Souvenir Français, ont déposé une gerbe au pied de la statue. 

Retrouvez le Souvenir Français de La Celle Saint-Cloud – Bougival sur Twitter et Facebook.

Blason de BougivalMAIRIE

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